jeudi 12 avril 2007

AUDITION (ODISHON)


L'HISTOIRE : Aoyama, quarante-deux ans, vit seul avec son fils de 16 ans depuis que sa femme est morte il y a sept ans. Il vit toujours sa disparition avec difficulté. Son fils étant désormais assez grand pour s'occuper de lui, Aoyama décide de se remarier.
Mais comment faire pour rencontrer l'épouse qui lui convient ? Il imagine alors un stratagème sur les conseils d'un ami producteur, Yasuhisa Yoshikawa : organiser un casting pour une série télé fictive afin de trouver la perle rare. Rapidement, Aoyama reçoit des centaines de candidates. Parmi toutes les filles qui se présentent, la dernière, Asami Yamazaki, est une jeune femme grande, mince et timide de 24 ans d'une troublante beauté. Totalement subjugué par son charme mystérieux et son apparente docilité, Aoyama en tombe instantanément amoureux et demande à la revoir.
Mais Yoshikawa a des doutes sur Asami et pense que celle-ci a un comportement bizarre. D'abord incrédule, Aoyama décide de faire des recherches sur la jeune fille. C'est alors qu'il découvre que plusieurs personnes qu'elle avait connues ont disparu... Commence alors pour lui une plongée vertigineuse dans un enfer sanglant, dont les retombées seront excessivement douloureuses.

MON AVIS : Le réalisateur japonais Takashi Miike nous propose ici un film coup de poing. A travers l'histoire de ce veuf qui a mis entre parenthèses sa vie sentimentale, le spectateur est plongé dans un trip dont il ne sortira pas indemne. On peut comprendre que ce soit un film un peu difficile d'accès car il y a d'abord une bonne heure où Miike installe son histoire, dans un rythme lent, dans une ambiance digne d'un épisode de Derrick... Ce n'est pas inintéressant car on sent, dès les premiers plans de Asami chez elle, prostrée la tête recroquevillée derrière le rideau de ses cheveux noirs, face à un téléphone et un énorme sac qui bouge de temps en temps, qu'il va se passer quelque chose de... spécial (d'autant que ces séquences sont soulignées par un accompagnement sonore sourd, une sorte de note continue grave, comme un bourdonnement désagréable). Donc pour celles et ceux qui n'auront pas décroché avant, le dernier tiers du film est glaçant, et véritablement terrifiant. Le réalisateur agit sur son public comme un fauve tapi dans l'ombre. Au moment opportun, alors que le spectateur commence à se demander à quoi tout cela rime, il nous propose une explication inimaginable... On est donc loin d'un délire gore et zombiesque dès la première scène. Au contraire, la première scène est totalement déchirante et mélodramatique, puisqu'on voit le petit Shigehiko amener un cadeau à sa maman hospitalisée, laquelle s'éteint avant que le petit garçon n'atteigne la chambre... Du mélodrame, on passe à la romance avec donc, sept ans plus tard, le papa qui n'a pas refait sa vie et qui commence à y songer. Puis on bascule dans l'horreur, une horreur froide mais bien réelle.
On note quelques allusions mysogines ("où sont les femmes bien ? le Japon est fini !" ou Aoyama qui est perdu devant toutes les fiches des postulantes à l'audition et qui dit à son ami Yoshikawa qu'il hésite comme pour sa première voiture), mais on verra que ce ne sont pas les femmes qui sont les plus maltraitées dans AUDITION....
J'ai pensé au film extraordinaire et méconnu de Zulawski : POSSESSION en voyant ce film.
La critique avait été assez unanime avec ce film : Ciné-Live le qualifiait de "sidérant" et Libération parlait d' "un sommet d'effroi déjà culte"... Mis à part la notion galvaudée de "culte", c'est tout ça en effet.
Je cite souvent le film SAW prochainement critiqué dans ce blog, qui était une vraie réussite mais aussi une énorme boucherie du début à la fin. Or un film comme AUDITION montre au contraire que l'on peut atteindre des sommets dans l'horreur, d'autant plus élevés que le terrain est préparé avec talent et minutie. Pour faire une comparaison gastronomique, SAW serait en quelque sorte une overdose de foie gras, qui lève vite le coeur, tandis que AUDITION nous propose la bonne dose, les bonnes proportions, avec le meilleur accompagnement, pour une dégustation optimale et une saveur maximale...
Sans révéler le pourquoi du comment et les détails de la fin du film, on gardera d'AUDITION le souvenir d'un film effroyablement délicieux...

REPLIQUE :
- coupe... coupe...

- Moi seule... vous n'aimerez que moi seule...

- Pour savoir quel genre d'humain on est, il n'y a que la douleur ou la souffrance... seule une épreuve atroce nous révèle notre vrai visage...

...dit par Asami à Aoyama


MA NOTE :
Image hébérgée par hiboox.comImage hébérgée par hiboox.comImage hébérgée par hiboox.comImage hébérgée par hiboox.com

INDICE DE GORITUDE :
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LES LIENS :
La fiche sur cinemovies.fr
Article sur cineasie.com
excellent article sur indisdeadream.free.fr
fiche sur imdb.com

LA P'TITE MIGNONNE DE SERVICE :L'actrice Shiina Eihi dans le rôle de Asami, un visage d'ange...

L'IMAGE :L'une des scènes choc du film...

COPYRIGHT : OMEGA PROJECT

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Trop bon se film =)

Mais je crois que tu as oublier la réplique la plus culte, fin si on peu appeller sa une réplique...

le fameux: "kili kili kili kili"